Raphaële George

Présentation

25 Novembre 2018, 12:35pm

Publié par Jean-Louis Giovannoni

Raphaële George (de son vrai nom Ghislaine Amon), peintre et écrivain, est née le 2 avril 1951 à Paris où elle a vécu et où elle est décédée le 30 avril 1985 à l’Hôpital Saint-Louis à l’âge de trente-quatre ans.    

Elle rencontre Jean-Louis Giovannoni, le 17 octobre 1970, et se marie avec lui le 4 septembre 1971 à Chilly-Mazarin (Essonne). Elle entreprend des études d’économie à la Faculté d’Assas, études qu’elle interrompt en 1972-1973 pour entrer à l’École Normale d’Instituteurs. Devenue institutrice, elle exerce ce métier jusques en 1979, année où elle obtient le CAPES d’Arts Plastiques et un poste de professeur dans un collège de banlieue parisienne. Elle investit beaucoup sa nouvelle fonction et fait preuve, auprès de ses élèves, d’une grande inventivité. 

Son premier livre, Le petit vélo beige, est publié aux Éditions de l’Athanor (collection Jean-Luc Maxence) en 1977.  Des extraits de ce livre paraissent dans L'année Poétique 1977 (Editions Seghers). Suivent des publications en revues (sous son nom ou du pseudonyme de Laure Slausky) : Sgraffite,  L’Humidité, Année poétique Seghers 1977, Poésie 1, La Vie totale, Contre-Ciel… Elle écrit aussi des articles de critique littéraire dans Libération, et la même année, elle fonde avec Mireille Andrès, Patrick Rousseau (transfuge de la revue Gramma) et Jean-Louis Giovannoni, Les Cahiers du double, revue de Littérature et de Sciences Humaines, qu’elle dirige ensuite avec ce dernier jusqu’à la fin 1981. 

Les Cahiers du double s’ouvrent d’emblée à la philosophie, à la psychanalyse et la littérature, mélangeant les genres et les époques. Des textes de Georges Bataille, Michel Leiris, Pier Paolo Pasolini, Clément Rosset, Louis-Vincent Thomas, Maurice Roche, Jack Thieuloy, Michel Journiac, Ambroise Paré, Jean-Gaspard Lavater, Joyce-Carol Oates, Jean Reverzy, Roland Sublon, Raymond Federman, Ludovic Janvier, Jean-Pierre Chambon, René Nelli, Joë Bousquet, Erasme, René Belletto, Frédérick Tristan, Ahmad al-Qualyoubi, Georges Rodenbach, Henri Plard, André Delvaux, Sénèque, Charlie Raby, Jean Paulhan, Hubert Juin, Albert Béguin, Ferdinand Alquié, Louis Aragon, H.F. Amiel, John Donne, Eugénie Luccioni, Daniel Serceau, Danielle Sarrera, Alexandre Bonnier, Ernest Jünger, Marc Strauss, André de Richaud, Pär Lagerkvist, Christian Limousin, le dessinateur Aldo Guillaume Turin, Leonora Carrington, K. H. Stobl, Abu. Nasr. Al Sarradj, René R. Khawam, Claudine Hermann… sont publiés dans six forts volumes qui constituent l’ensemble de la revue. (Les Cahiers du double ont été inclus, en 1987, dans le catalogue des Editions Unes)

Les Cahiers du double ont été, pour Raphaële George et Jean-Louis Giovannoni, un laboratoire, un atelier au sens artisanal du terme, où ils purent non seulement s’essayer à l’écriture mais aussi partir à la découverte d’œuvres les plus diverses. Ce fut aussi, pour eux, un lieu où ils menèrent réflexions et échanges avec les écrivains invités à participer à la revue. 

Ghislaine Amon emménage, à l'automne 1977, 12 rue Ganneron 75018 Paris, qui deviendra le siège des Cahiers du double. Elle dispose, dans son nouvel appartement, d'une pièce où elle installe son premier atelier. Période de créativité intense en écriture (le manuscrit de Suaire et nombre d'autres textes en prose). En septembre, aux Editions de l'Athanor paraît le premier volume des Cahiers du double avec des textes de Georges Bataille, Michel Leiris, Clément Rosset, Louis-Vincent Thomas, Pier Paolo Pasolini, Maurice Roche, Raymond Federman, Michel Journiac, Jack Thieuloy. Se lie d'amitié avec Maurice Roche. Parallèlement à ses activités littéraires, elle peint (Draps, Suaires…) et expose fréquemment seule ou en groupe.

En septembre paraît le N°2 des Cahiers du double (sans éditeur): "Amour - Beauté - Monstruosité" avec des textes d'Ambroise Paré, J.G. Lavater, Georges Bataille, Daniel Serceau, Joyce Carol Oates, Jean Reverzy, Louis-Vincent Thomas, René Khawam, Ahmad al-Qalyoubi, Ludovic Janvier, Raymond Federman. Ghislaine Amon et Jean-Louis Giovannoni écrivent à deux : " La face cachée de la chirurgie esthétique". Ghislaine Amon : "Le taxi". Du 14 octobre au 11 novembre, se tient une importante exposition de groupe coordonnée par Françoise Eliet et Monique Frydman- Ecritures de Femmes "Polyfems"- au Collège d'Echanges Contemporain de St Maximin. Myriam Librach, amie de Ghislaine depuis 1973 et membre du Collectif Aixois 663x314 (Corinne Mercadier, Danièle Gibrat, Geneviève Lebon, Monique Kissel, Barbara Pollack) lui propose de partager sa salle et sa page du catalogue. Elles écrivent ainsi à quatre mains les textes" Draps" et "Patrons". Ghislaine Amon rencontre là, pour la première fois, Jean -Pierre Sintive.

 Elle met en chantier, en 1978-1979, avec son ami peintre Vincent Verdeguer, plusieurs Fresques murales éphémères, faites à deux sur les murs des entrepôts de Bercy à l’abandon à cette époque. A l'automne 1979, paraît le N°3/4 des Cahiers du double : "Le Fantôme" avec des textes d'Erasme, Sénèque, Louis-Vincent Thomas, Roland Sublon, Jean Reverzy, Georges Rodenbach, Joë Bousquet, René Nelli, Charles Juliet, René Belletto, André Delvaux, Abu.Nasr. al Sarradj, Frédérick Tristan, Leonora Carrington.  Ghislaine Amon et Jean-Louis Giovannoni écrivent à deux : "L'attente". Ghislaine Amon : "Drap".

Parution du N°5 (Nouvelle série) des Cahiers du double consacré à "Joë Bousquet"  avec des textes de Joë Bousquet, Jean Paulhan, René Nelli, Ferdinand Alquié, Louis Aragon, Albert Béguin, Hubert Juin, Ginette Augier, Katy Barasc, Anna Maria Lassera. Ghislaine Amon et Jean-Louis Giovannoni écrivent :"Correspondance imaginaire et posthume de Joë Bousquet à un jeune écrivain". Le 15 décembre 1980, elle expose à la Galerie Erval (rue de Seine) 40 portraits de Joë Bousquet entre la présence et l’absence, à l’occasion de la sortie de la revue Les Cahiers du double consacrée à cet auteur. Ces portraits sont peints sur papiers Canson et papiers calque. Succès, la plupart des dessins seront vendus lors de la soirée du vernissage.

Gilbert Lascault écrit, fin 1980, sur la peinture de Ghislaine Amon (période 1978-1980), texte qui servira, en mars 1981, de présentation à son expo à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai (Belgique).

Cette même année, elle emménage dans un loft : 62, rue de Montreuil,  Paris 11ème, son dernier domicile, où elle produit de nouveaux travaux : Pâtes à modeler sous plexiglas (appréciées par le critique d'art Bernard Lamarche-Vadel qui l'encourage) et Grandes stèles sur bois avec les mêmes matériaux que pour ses Fresques murales éphémères. (Certaines de ces séries sont conservées dans les Fonds d’Art Contemporain de la Ville-de-Paris). Parallèlement à ses activités picturales, Ghislaine Amon essaye de relancer Les Cahiers du double avec Jean-Louis Giovannoni en l'ouvrant à de nouveaux collaborateurs : Sylvie Doizelet, Alain Dreyfus Le manque de moyens financiers empêchera cette reprise. Elle commence à écrire son journal et retravaille son manuscrit Suaire, le complète.

A l'automne 1981 paraît le N°6 des Cahiers du double :  "L'Autobiographie " avec des textes de H.F. Amiel, Joë Bousquet, Charles Juliet, John Donne, Ernest Jünger, André de Richaud, Jean Reverzy, Par Lagerkvist, Alexandre Bonnier Frédérick Tristan, Danielle Sarrera, Aldo Guillaume Turin, Henri Plard. Ghislaine Amon et Jean-Louis Giovannoni écrivent : "L'attente du miracle dans l'espoir qu'il n'arrive jamais". Ghislaine Amon : "Suaires"   En1981 le Collectif 663x314 s'est installé à Paris, 5 rue Hélène 75017, dans une ancienne Imprimerie. Il comprend à présent  Danièle Gibrat, Monique Kissel, Barbara Pollack dans les trois ateliers. Le grand mur de 18mx3m de hauteur de la 'rue intérieure' du lieu devient pour le Collectif le prétexte à des invitations en résidence de création d'un mois suivi d'un mois d'exposition sous l'appellation- "Situation II Atelier IV- Un artiste de passage dans un lieu de passage"-  Ghislaine est l'invitée de l'Atelier IV en Janvier- Février 82. Elle incruste dans l'enduit frais de la limaille de fer qui rouille avec le temps, composant une fresque murale éphémère et fantastique de créatures géantes sur la totalité du mur. Son travail restera visible jusqu'en avril. Entretien et vidéo sur cette création.

Lancement, en octobre 1982, d’une petite maison d’édition : Bibliothèque du Double. Un seul volume paraîtra : La Confession publique, d’André de Richaud, préfacé par Pierre Seghers (titre repris dans le catalogue des Editions Unes). Plusieurs projets de publications : "L'Approche", journal de Pierre Albert Jourdan (finalement publié aux Editions Unes en septembre 1984) ; le Journal de Jean Reverzy et des inédits de Joë Bousquet. Le manque de finances, une fois de plus,  stoppera ces nouveaux projets.

Elle écrit, fin 1983, une première version des "Nuits échangées" qui sera éditée de façon posthume par les Editions Unes, fin 2018. Elle illustre aussi des tirages de tête pour les Éditions Unes (Charles Juliet, Jean-Louis Giovannoni)

Début 1984, Ghislaine Amon apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle est opérée et suit un traitement dans un service d’oncologie de l'Hôpital St. Louis.

Le 6 mars 1984, alors qu’elle est en pleine écriture d'une nouvelle version des Nuits échangées, Ghislaine Amon décide de changer de nom d’écrivain et de ne plus signer désormais ses écrits que sous le nom de Raphaële George.  

Quelques mots avant l’endormissement comme si j’avais à la fois trop parlé et rien dit. Je change de nom pour renaître Raphaële George. Tout est à refaire entièrement – je dois aller jusqu’à changer d’équilibre. Je ne veux être pour personne. Seulement me cultiver dans un silence relatif, puisque tous ceux que je suis déjà et malgré moi, me regardent encore. Je voudrais pouvoir contempler mon silence comme une durée éternelle de la lenteur et sans fatigue. »

Elle rencontre Claire Tiévant et Michel Camus (Editions Lettres Vives) à l’occasion de la parution, fin 1984, du livre de Jean-Louis Giovannoni : Ce lieu que les pierres regardent chez cet éditeur.

Elle achève, en juillet 1984, Les Nuits échangées qui sera suivi de L’Éloge de la fatigue  et s'atèle aussitôt, fin 1984, avant même la sortie de "L’Éloge", à un autre livre : Psaume de silence, extrait des pages de son Journal mais aussi d'un tapuscrit inédit Suaire, commencé début 1980.

Les Editions Lettres Vives publient "L’Éloge de la fatigue ", en mars 1985, avec une préface de Pierre Bettencourt. .

L’Éloge de la fatigue est un succès librairie, le livre est réimprimé trois fois dans l'espace de deux mois. Pierre Drachline, dans Le Monde des Livres lui consacre un grand article avec un portrait dessiné par Béatrice Cleeve. Malheureusement, elle décédera, le 30 avril 1985, deux jours avant la parution de cet article.

En avril 1986,les Editions Lettres Vives font paraître "Psaume de Silence", ouvrage posthume. Les Editions Unes reprennent aussi, sous le titre "L'Absence réelle", un textes écrit à deux mains avec Jean-Louis Giovannoni, et paru dans le numéro des "Cahiers du double" sur Joë Bousquet en 1980.

Raphaële George est inhumée, sous son vrai nom Ghislaine Amon, dans le cimetière municipal de Chilly-Mazarin (Essonne)

 

Publications après 1985

-  L'Absence réelle, en collaboration avec Jean-Louis Giovannoni, Editions Unes, avril 1986.

- Psaume de silence, Editions Lettres Vives, octobre 1986.

- Lettre suit, Jean-Gabriel Cosculluela et Editions Atelier des Grames, automne 1986

 Le petit vélo beige, (réédition) Editions Lettres Vives, février 1995.

- Double intérieur suivi de L'Absence réelle, Editions Lettres Vives, mars 2014.

- Une lettre, tirage limité, Editions Unes, juin 2014.

- Des petits malaises, tirage limité accompagné de peintures de Vincent Verdeguer, Editions Unes, avril 2015.

- Je suis le monde qui me blesse, Journal intégral (1976-1985), Editions Unes, juin 2017.

- Les Nuits échangées, première version (1982-1983), tirage limité avec des peintures de Nathalie Bourdreux, Editions Unes, novembre 2018.

- Petite chambre d'amour, suite de poèmes inédits, tirage limité à 33 ex. avec des peintures Gérard Thupinier , Editions Unes, août 2020. 

 

Revues et anthologies

- Poésie I, N° 74, mars-avril 1980 : extraits du Petit vélo Beige 

- Anthologie Poétique : "La vraie jeune poésie" par Alain Breton, avril 1980 : Extraits du Petit vélo beige + inédits

- Apsara, N° 2, juin 1984, extraits de L'Eloge de la fatigue 

- Levée d'encre, N°1, Mai 1986, Paris-Montréal, extrait de L'Eloge de la fatigue.

- Recueil (Editions Champ Vallon), juillet 1986 : Pages de Journal 

- Tout est suspect, N°3/4, printemps 1988 : Pages de Journal 

- Revue L'Autre, N°4, coédition Arfuyen - Granit- Lettres Vives, juin 1992 : Pages de journal 

- Anthologie Couleurs Femmes, poèmes de 57 femmes, Editions Castor Astral/ Le Nouvel Athanor, février 2010, extrait du Petit vélo beige

- Diérèse, N°63 , dossier Raphaële George, textes de Isabelle Lévesque et Jean-Louis Giovannoni, août 2014 : Pages de journal

- Europe, N°1057, mai 2017, dossier Raphaële George avec des textes de Gisèle Berkman, Sylvie Doizelet, Anaïs Bon, Florence Trockmé, Gilbert Lascault, François Heusbourg, Caroline Sagot-Duvauroux, Jean-Louis Giovannoni. Brève anthologie de textes de Raphaële George + Fragments inédits

- Anthologie X Pierres de folie, textes rassemblés par Muriel Richard-Dufourquet, Editions L'arachnoïde, collection Zakhor, premier trimestre 2019 :  extraits de Je suis le monde qui me blesse.

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