Raphaële George

Eloge de la fatigue (extraits)

, 02:14am

Les Nuits échangées (extrait)

 

 

Et dans nos mains l’affranchissement des insectes

qu’on écrase sans crainte,

étonnés seulement par les petites taches brunes

sur les doigts…

 

La nuit annonce un visage intérieur

visage qui ne peut ignorer la façon dont je mourrai…

Et je sens précisément dans l’approche

qu’une telle figure est visible pour être donnée.

 

Refuser ce regard.

Occulter une mémoire lointaine, totale,

une mémoire qui sait ce qui me fonde

et pourquoi je deviens. 

 

Page 12 © Editions Lettres Vives, 1985.

 

 

 

L’Eloge de la fatigue (extrait)

 

 

La fatigue vient avec la nuit,

nous pourrions croire que par elle nous communions

nous respirons de même vent que tout qui

                                 appartient au cycle du jour et de la nuit.

 

Elle paraît comme un poids, ce poids qui nous fait 

                                                        chuter au centre de l’être

et pourtant elle ne pèse pas.

 

Elle n’a pas de visage, effaçant presque le nôtre

soudain nous ne sentons ni la faim, ni aucune nécessité

et nos pensées vagues sont comme des murmures étrangers

échos lointain de combats inachevés.

 

Tant de gorges se sont serrées dans les murs. 

 

Page 46 © Editions Lettres Vives, 1985.